• Bonsoir@lemmy.ca
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    7 days ago

    Avec leur bientôt 250 ans, les États-Unis m’ont l’air bien passé leur “Life expectality”…

      • Bad@jlai.lu
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        7 days ago

        Patriotisme archéologique cringe.

        La France c’est l’empire caroligien germanique ? La Bourgogne indépendante ? Des féodalités rivales dont les élites ne parlent pas français et se font la guerre ? Tout ce que ça montre c’est que le territoire est occupé par les mêmes paysans depuis longtemps, à la limite.

        Le concept même de se définir comme “français” apparait après la guerre de 100 ans, entre le 15e et le 17e siècle, et ne s’applique qu’aux élites lettrées, pas au peuple. C’est une identité juridico-dynastique, pas une identité populaire. La majorité des habitants du Royaume de France de l’époque ne se sentent pas français (mais plutôt breton, normand, gascon, provençal, etc.).

        Le rapport de l’abbé Grégoire de 1794 montre que seulement 15% du territoire parle français, et qu’il n’y a aucun sentiment d’unité nationale (ni même d’entité politique commune vu qu’il n’y avait pas de nationalité française juridique).

        Le peuple français au sens moderne n’existe qu’à partir de la révolution, et encore de façon conflictuelle et avec des écrasements, des destructions de langues et cultures locales, de l’impérialisme tourné vers l’intérieur. L’idée d’une continuité française sur 1500 ans c’est le roman national utilisé pour justifier la subjugation des cultures locales sous le second empire.

        Il n’y a pas 1500 ans de peuple français, il y a 1500 ans de pouvoirs successifs, et un récit bricolé ensuite pour les faire passer pour naturels. Si on se permet de critiquer l’histoire américaine de l’extérieur, il faut voir comment l’histoire française est perçue par les historiens, voir comment elle est racontée par Eugen Weber (Peasents into frenchmen), Anne-Marie Thiesse (La création des identités nationales), Gérard Noiriel (La tyrannie du national), et l’Abbé Grégoire lui-même (rapport de 1794)…

        Si la délimitation est à la bataille de Tolbiac (un peuple germanique qui se bat contre un autre peuple germanique), racontée non pas par “Grégoire de Tours” comme on l’appelle aujourd’hui mais par Georgius Florentius Gregorius qui n’a pas écrit “L’histoire des francs” mais Decem libri historiarum, pourquoi on la mettrait pas à l’empire romain aussi ? Quelle différence ? Ou même aux néanderthals, eux aussi sont sur le territoire et sont nos ancêtres après tout. Dans ce cas les américains peuvent dire que leur constitution est la continuation politique de la Confédération Iroquoise donc qu’ils sont la suite de millénaires de culture autochtone avant elle, c’est du même niveau de cohérence historique.